Organiser les concours de recrutement de la Gendarmerie Nationale implique de répondre à des exigences fortes en matière d’équité, de sécurité et de fiabilité des processus. Avec plusieurs dizaines de milliers de candidats chaque année, leur organisation sur l’ensemble du territoire nécessite une logistique rigoureuse et des dispositifs adaptés aux enjeux de recrutement de l’Institution.Depuis plusieurs années, le Bureau du recrutement des concours et examens (BRCE) mène également une démarche de modernisation visant à faire évoluer les modalités de passation, de correction et d’évaluation des concours.Dans cet entretien, le Chef d’escadron Rémi Armengaud revient sur l’organisation des concours de la Gendarmerie Nationale, la dématérialisation de la correction des copies et la mise en place d’une épreuve d’évaluation des compétences numériques pour les candidats.
À noter : cet entretien a été réalisé en 2021. Les fonctions exercées par les personnes citées et certaines données chiffrées correspondent au contexte de l'époque. L'article est conservé pour la qualité de ce retour d'expérience sur l'organisation des concours de recrutement.
Les concours de recrutement de la Gendarmerie Nationale
Pouvez-vous présenter les concours et examens organisés au sein du BRCE ?
Le Bureau du recrutement des concours et examens (BRCE) a notamment en charge le pilotage national des concours d’Officier de gendarmerie (OG) et de Sous-officier de gendarmerie (SOG), mais également des sélections des sous-officiers du corps de soutien technique et administratif de la gendarmerie (SOCSTAGN) et du recrutement des gendarmes adjoints volontaires (GAV).C’est ainsi que chaque année, plus de 10.000 postes sont à pourvoir au sein de l’Institution.
Quels sont les enjeux du concours de sous-officier de la Gendarmerie pour les candidats ?
Chaque année, plus de 20.000 candidats s’inscrivent à la session annuelle des concours SOG. Pour l’année 2021, plus de 23.000 personnes ont effectué une démarche d’inscription, qu’il s’agisse de la voie externe (SOG1) ou de la voie interne (SOG2). L’attractivité constatée de la gendarmerie lui permet de garantir la capacité des forces sur toute l’étendue du territoire et de procéder à un recrutement qualitatif, à l’aune du taux de sélectivité des différentes sessions.
Une fois inscrits, les candidats doivent se concentrer sur la préparation de la phase admissibilité (épreuve écrite) qui se compose d’une composition de Culture générale pour le concours SOG1 ou d’une épreuve de Connaissances professionnelles pour nos candidats SOG2. A l’issue de cette première phase, les candidats admissibles sont convoqués en vue de passer les tests psychométriques, les épreuves orales et sportives. Cette seconde phase est majeure et nécessite robustesse physique mais aussi motivation et capacité à soutenir une épreuve orale devant un jury composé de personnels de l’Arme.
L’organisation des concours SOG sur l’ensemble du territoire
Pourquoi les concours de sous-officier de gendarmerie sont-ils organisés dans plusieurs centres ?
Mis en place en 2012, les concours SOG étaient à l’origine organisés sur un site unique en métropole.
Afin de favoriser une plus grande proximité avec les candidats et d’ancrer les concours dans les territoires, les épreuves se déroulent désormais concomitamment sur plusieurs sites métropolitains et ultramarins.
Cette répartition sur l’ensemble du territoire vise à limiter les déplacements des candidats en leur proposant un site situé à une distance raisonnable de leur lieu de résidence.
En 2021, année de référence de cet entretien, les épreuves écrites se déroulaient au cours de la dernière semaine de septembre et 14 centres de concours étaient ouverts :
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Villepinte ;
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Toulouse ;
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Nantes ;
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Grenoble ;
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Avignon ;
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Nancy ;
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Guadeloupe ;
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Martinique ;
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Guyane ;
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Nouvelle-Calédonie ;
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Polynésie française ;
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La Réunion ;
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Mayotte ;
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Wallis-et-Futuna.
Comment préparer l’organisation d’un concours sur plusieurs sites ?
L’organisation d’un concours débute bien en amont de la date des épreuves écrites.
À l’époque, notre partenaire Exatech procédait très tôt à la réservation des sites de concours, notamment dans des halls de parcs des expositions adaptés. Les sites étaient ainsi réservés d’une année sur l’autre afin de s’assurer de la disponibilité des salles.
Par l’intermédiaire de notre point de contact chez Exatech, cette opération permettait également de mobiliser les équipes qui œuvreraient sur place le jour du concours : déploiement du mobilier, secouristes, agents de nettoyage, etc.
La Gendarmerie conservait de son côté la maîtrise des volets liés à la surveillance des candidats et à la sécurité du site.
Comment garantir l’égalité de traitement des candidats sur l’ensemble des centres ?
La mise à disposition de salles disposant d’équipements identiques contribue à garantir l’égalité de traitement des candidats sur l’ensemble des centres.
Sur ce volet préparatoire et organisationnel, le BRCE est le garant juridique du bon déroulement des opérations. Nous nous assurons que les candidats passent le concours dans les meilleures conditions et qu’ils puissent se concentrer essentiellement sur leur prestation écrite.
La réussite du concours est le reflet de la notoriété de la Gendarmerie et constitue la première image que les candidats se feront de l’Institution.
La modernisation des concours de la Gendarmerie Nationale
Comment la Gendarmerie accompagne-t-elle la modernisation de ses concours ?
Dès 2019, la gendarmerie a inscrit ses concours et sélections dans la modernisation. Ces réflexions étaient intégrées dans la mission modernisation des processus de recrutement avec, au sein du BRCE, un chargé de projet qui avait la charge de piloter la mise en place des solutions tout en s’assurant du cadrage juridique et des délais fixés.
Cet esprit d’innovation doit nous permettre de valoriser notre image tout en allégeant les tâches liées à l’organisation du concours. Aussi, la gendarmerie utilise les solutions informatiques Viatique pour la correction dématérialisée des copies et le service de passation d’Exatech pour tester nos candidats sur leur niveau numérique.
La correction dématérialisée des copies d’examen
Quels sont les avantages de la dématérialisation des corrections ?
La dématérialisation des corrections consiste à numériser les copies dès le lendemain du concours, au sein des centres de sélections et de concours qui sont équipés d’un scanner. Dès le lendemain, les équipes du BRCE sont en mesure de distribuer virtuellement aux correcteurs les copies de composition, qui ont été préalablement formatées et garantissent l’anonymat du candidat.
Les correcteurs effectuent dès lors leur correction depuis n’importe quel poste informatique, au moyen de leur identifiant. Les opérations se font directement sur la copie numérique à partir de la plateforme Viatique.
Comment la correction en ligne simplifie-t-elle le travail des équipes et des correcteurs ?
Viatique Correction a permis à la gendarmerie de rationaliser et de simplifier les opérations préalables à la correction. Cet allègement des tâches est parfaitement adaptable à nos besoins et nous disposons d’un point de contact identifié qui nous permet d’aborder avec sérénité ces opérations. Concernant les correcteurs, ils peuvent désormais procéder à la correction depuis leur domicile ou leur bureau, limitant ainsi les déplacements et les périodes bloquées dédiées à la correction. Ils peuvent également échanger avec les gestionnaires de concours du BRCE depuis un espace dédié, ce qui permet d’apporter une réponse aux correcteurs avec diligence et précision. Enfin, le suivi informatique permet aux gestionnaires du BRCE de s’assurer à distance de l’avancée des travaux et de l’harmonisation des notes attribuées.
Évaluer les compétences numériques des candidats
Comment s’est déroulé le déploiement des épreuves d’évaluation numérique sur ordinateur ?
Dans une démarche de recherche de compétences numériques, le BRCE a conduit, à compter de février 2020, un nouveau projet de modernisation visant à instaurer une épreuve numérique dès le recrutement des Sous-officiers de gendarmerie (SOG). Le but visé était double :
– se prémunir d’un effet ciseau entre la digitalisation de l’environnement de travail des gendarmes et le niveau de compétences numériques des personnels de la gendarmerie ;
– valoriser les compétences numériques détenues par les candidats SOG en instaurant une épreuve notée lors de la phase d’admission.
Cette épreuve d’évaluation numérique va dans le sens de la préparation de l’avenir, la gendarmerie devant être composée de personnels qui intègrent une vision de l’usage des technologies, notamment numériques, dans leurs pratiques professionnelles.
Quels retours avez-vous reçus des candidats sur cette épreuve numérique ?
La première session de l’épreuve d’évaluation numérique, composée de 20 questions pour une durée de 30 minutes, a démontré tout son intérêt et a été favorablement accueillie par les candidats externes et internes.
Sur le système d’information, Passnum a été fluide et le projet a été une réussite dans sa conduite et sa mise en œuvre.
L’épreuve d’évaluation numérique des concours SOG a ainsi été reconduite en 2021.
La Gendarmerie travaille-t-elle sur d’autres projets d’innovation pour les concours ?
Les démarches de réflexion pour moderniser encore les parcours de recrutement perdurent et la Gendarmerie prépare l’avenir.
Les opérations de benchmarking sont constantes pour offrir dans le futur aux candidats les meilleurs outils et leur proposer des épreuves en phase avec les exigences du métier, tout en allégeant encore les aspects organisationnels.
La transformation numérique au service de l’organisation des concours
À travers ce retour d’expérience, la Gendarmerie Nationale montre que la modernisation des concours de recrutement ne se limite pas à la numérisation des épreuves.
Elle concerne l’ensemble du processus : organisation logistique des centres, égalité de traitement des candidats, correction dématérialisée des copies, suivi des corrections et évaluation des compétences numériques.
La dématérialisation de la correction permet notamment de simplifier les opérations, de faciliter le travail des correcteurs et d’améliorer le suivi des corrections par les équipes chargées du recrutement.
L’intégration d’une épreuve d’évaluation numérique illustre également la volonté, exprimée à l’époque, d’adapter les processus de recrutement aux évolutions des métiers de la Gendarmerie.
Merci à Rémi Armengaud et à la Gendarmerie Nationale pour ce retour d’expérience sur la modernisation et l’organisation des concours de recrutement.
Cet entretien a été réalisé en 2021. Les fonctions des personnes citées, les données chiffrées et les dispositifs présentés correspondent au contexte de cette période. Certaines modalités d’organisation des concours et de recrutement ont depuis pu évoluer.