« La réussite du concours est le reflet de la notoriété de la gendarmerie ». Entretien avec le Chef d’escadron Rémi ARMENGAUD

Concours de Sous-Officier de la Gendarmerie

Bonjour M. Armengaud. Vous êtes Chef d’escadron au sein de la Gendarmerie Nationale, adjoint au chef de la section des recrutements des sous-officiers au Bureau du recrutement des concours et examens (BRCE). Vous œuvrez beaucoup à l’innovation des examens et concours de la Gendarmerie Nationale. Pouvez-vous présenter en quelques mots les concours et examens organisés au sein du BRCE ?

Le BRCE a notamment en charge le pilotage national des concours Officier de gendarmerie (OG) et Sous-officier de gendarmerie (SOG) mais également des sélections des sous-officiers du corps de soutien technique et administratif de la gendarmerie (SOCSTAGN) et du recrutement des gendarmes adjoint volontaires (GAV). C’est ainsi que chaque année, plus de 10.000 postes sont à pourvoir au sein de l’Institution.

Quels sont les enjeux du Concours de Sous-Officier de la Gendarmerie (SOG) pour les personnes qui s’y inscrivent ?

Chaque année, plus de 20.000 candidats s’inscrivent à la session annuelle des concours SOG. Pour l’année 2021, plus de 23.000 personnes ont effectué une démarche d’inscription, qu’il s’agisse de la voie externe (SOG1) ou de la voie interne (SOG2). L’attractivité constatée de la gendarmerie lui permet de garantir la capacité des forces sur toute l’étendue du territoire et de procéder à un recrutement qualitatif, à l’aune du taux de sélectivité des différentes sessions.

Une fois inscrits, les candidats doivent se concentrer sur la préparation de la phase admissibilité (épreuve écrite) qui se compose d’une composition de Culture générale pour le concours SOG1 ou d’une épreuve de Connaissances professionnelles pour nos candidats SOG2. A l’issue de cette première phase, les candidats admissibles sont convoqués en vue de passer les tests psychométriques, les épreuves orales et sportives. Cette seconde phase est majeure et nécessite robustesse physique mais aussi motivation et capacité à soutenir une épreuve orale devant un jury composé de personnels de l’Arme.

Les concours de recrutement des sous-officiers de gendarmerie ont lieu dans de nombreux centres géographiquement espacés. Pourquoi cette spécificité et quelles sont les précautions relatives à l’organisation ?

Mis en place en 2012, les concours SOG étaient à l’origine organisés sur un site unique en métropole. Afin de favoriser une plus grande proximité avec les candidats et d’ancrer ces concours dans les territoires, les concours SOG se déroulent désormais concomitamment sur 6 sites métropolitains et 7 voire 8 sites ultramarins. A travers cette répartition sur l’ensemble du territoire, la gendarmerie cherche à limiter les déplacements des candidats en leur offrant un site situé à un délai de transport raisonnable. En 2021 dont les épreuves écrites se déroulent au cours de la dernière semaine de septembre, 14 centres de concours sont ouverts :

  • Villepinte ;
  • Toulouse ;
  • Nantes ;
  • Grenoble ;
  • Avignon ;
  • Nancy ;
  • Guadeloupe ;
  • Martinique ;
  • Guyane ;
  • Nouvelle-Calédonie ;
  • Polynésie française ;
  • La Réunion ;
  • Mayotte ;
  • Wallis-et-Futuna.

L’organisation d’un concours débute bien en amont de la date des épreuves écrites. Très tôt, notre partenaire Exatech procède à la réservation des sites de concours dans des halls de parcs des expositions adaptés. Les sites sont ainsi réservés d’une année sur l’autre pour permettre de s’assurer de la disponibilité des salles. Par l’intermédiaire de notre point de contact chez Exatech, cette opération permet en plus de mobiliser les équipes qui œuvreront sur zone le jour du concours : déploiement du mobilier, secouristes, agents de nettoyage… La gendarmerie conserve à sa main les volets surveillance des candidats et sécurité du site.

La mise à disposition des salles avec des équipements identiques garantit l’égalité de traitement des candidats sur l’ensemble des centres. Sur ce volet préparatoire et organisationnel, le BRCE est le garant juridique du bon déroulement des opérations. Nous nous assurons que les candidats passent le concours dans les meilleures conditions et qu’ils se concentrent essentiellement sur leur prestation écrite. La réussite du concours est le reflet de la notoriété de la gendarmerie et la première image que les candidats se feront de l’Institution.

« Cet esprit d’innovation doit nous permettre de valoriser notre image tout en allégeant les tâches liées à l’organisation du concours »

La Gendarmerie n’a de cesse de moderniser et d’innover dans le déploiement de ses concours. Pouvez-vous nous décrire en quelques mots la mise en place de ses innovations, notamment avec les plateformes Exatech ?

Dès 2019, la gendarmerie a inscrit ses concours et sélections dans la modernisation. Ces réflexions étaient intégrées dans la mission modernisation des processus de recrutement avec, au sein du BRCE, un chargé de projet qui avait la charge de piloter la mise en place des solutions tout en s’assurant du cadrage juridique et des délais fixés.

Cet esprit d’innovation doit nous permettre de valoriser notre image tout en allégeant les tâches liées à l’organisation du concours. Aussi, la gendarmerie utilise les solutions informatiques Viatique pour la correction dématérialisée des copies et Passnum pour tester nos candidats sur leur niveau numérique.

« Viatique a permis à la gendarmerie de rationaliser et de simplifier les opérations préalables à la correction »

Pouvez-vous dire ce que la dématérialisation des corrections a apporté ? Quels en sont les avantages concrets dans votre organisation ?

La dématérialisation des corrections consiste à numériser les copies dès le lendemain du concours, au sein des centres de sélections et de concours qui sont équipés d’un scanner. Dès le lendemain, les équipes du BRCE sont en mesure de distribuer virtuellement aux correcteurs les copies de composition, qui ont été préalablement formatées et garantissent l’anonymat du candidat.

Les correcteurs effectuent dès lors leur correction depuis n’importe quel poste informatique, au moyen de leur identifiant. Les opérations se font directement sur la copie numérique à partir de la plateforme Viatique.

Viatique a permis à la gendarmerie de rationaliser et de simplifier les opérations préalables à la correction. Cet allègement des tâches est parfaitement adaptable à nos besoins et nous disposons d’un point de contact identifié qui nous permet d’aborder avec sérénité ces opérations. Concernant les correcteurs, ils peuvent désormais procéder à la correction depuis leur domicile ou leur bureau, limitant ainsi les déplacements et les périodes bloquées dédiées à la correction. Ils peuvent également échanger avec les gestionnaires de concours du BRCE depuis un espace dédié, ce qui permet d’apporter une réponse aux correcteurs avec diligence et précision. Enfin, le suivi informatique permet aux gestionnaires du BRCE de s’assurer à distance de l’avancée des travaux et de l’harmonisation des notes attribuées.

Comment s’est déroulé le déploiement des épreuves d’évaluation numérique sur ordinateur ? Avez-vous eu de bons retours du côté des candidats ?

Dans une démarche de recherche de compétences numériques, le BRCE a conduit, à compter de février 2020, un nouveau projet de modernisation visant à instaurer une épreuve numérique dès le recrutement des Sous-officiers de gendarmerie (SOG). Le but visé était double :

– se prémunir d’un effet ciseau entre la digitalisation de l’environnement de travail des gendarmes et le niveau de compétences numériques des personnels de la gendarmerie ;

– valoriser les compétences numériques détenues par les candidats SOG en instaurant une épreuve notée lors de la phase d’admission.

Cette épreuve d’évaluation numérique va dans le sens de la préparation de l’avenir, la gendarmerie devant être composée de personnels qui intègrent une vision de l’usage des technologies, notamment numériques, dans leurs pratiques professionnelles.

La première session de l’épreuve d’évaluation numérique, qui se compose de 20 questions pour une durée de 30 minutes, a démontré tout son intérêt et a été favorablement accueillie par les candidats externes et internes. Sur le SI, Passnum a été fluide et le projet a été une réussite dans sa conduite et sa mise en œuvre. L’épreuve d’évaluation numérique des concours SOG est ainsi reconduite en 2021 !

Travaillez-vous sur d’autres projets pour aller encore plus loin dans l’innovation en matière de passation des examens et concours ?

Les démarches réflexives pour moderniser encore les parcours de recrutement perdurent et la gendarmerie prépare l’avenir. Les opérations de benchmarking sont constantes pour offrir dans le futur à nos candidats les meilleurs outils et leur proposer des épreuves en phase avec les exigences du métier tout en allégeant encore les aspects organisationnels.

Merci infiniment à Rémi Armengaud et à la Gendarmerie Nationale de nous avoir accordé cet entretien.